POLART poétique et politique de l'art L'art, c'est l'aujourd'hui
encore aujourd'hui demain.

Antonin Artaud
 
 

 

Textes 

“ L'inconnaissance du littéraire ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill - Montréal)

Cet article est issu d’une conférence donnée à deux reprises, en février 2011 et 2012, à l’Université McGill dans le cadre du séminaire de méthodologie littéraire du Pr. Pascal Brissette. À revers de l’herméneutique, qui centre sa réflexion sur le sens, ou de l’approche morale et cognitive qui restaure la vérité au cœur du texte, il s’agit de montrer qu’il y a au fondement des œuvres et du savoir des œuvres ce qu’on peut appeler une inconnaissance du littéraire. Nulle défaite de la pensée, nul empirisme intuitif ici. Cette inconnaissance peut servir au contraire de méthodologie critique pour rendre compte des créations de langage. Les lignes qui suivent n’ont d’autre ambition que d’élucider cette proposition et d’en déplier les paradoxes. Elles relèvent davantage d’une pédagogie de la lecture que d’une véritable modélisation théorique.

Mots clés : critique, herméneutique, inconnaissance, morale, pédagogie, savoir
(mis en ligne le 31/12/2012)
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“ Qu'est-ce qu'une oeuvre folle? ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

Une des figures qui encombre l’histoire de la littérature et de l’art est celle du créateur fou, depuis Hölderlin jusqu’à Artaud, en passant par Van Gogh ou les dessins d’aliénés. La folie est ainsi apparue comme une expression symptomatique du génie. Des neurosciences et de la psychanalyse à la sociologie et à l’esthétique, ce rapport met au jour autant de représentations du sujet, de la culture, de la société. C’est sous la notion d’« œuvre folle » et non celle de l’artiste fou que Gérard Dessons propose de repenser à neuf la question dans La Manière folle. Essai sur la manie littéraire et artistique (2010), point de départ de notre réflexion. Entre ces deux concepts historiquement appariés, manière et manie, la folie désigne moins un phénomène clinique qu’une catégorie du jugement. À travers l’art et les discours qu’il produit, elle est révélatrice d’une anthropologie de la valeur – véritable centre de ce livre.

Mots clés : folie, manière, art, dégénérescence, valeur, philosophie
(mis en ligne le 09/06/2012)
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“ « Littérature, histoire, valeur(s) » ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

La rhétorique du contemporain est celle de la déploration. Elle conjugue l’élégie à l’ironie. Un des lieux communs dominants du discours critique, en plus de la « crise des humanités », du « déclin des études littéraires » voire de la « mort de la culture », est l’épuisement de la littérature elle-même, destinée à célébrer son propre néant. Au terme d’innovations avant-gardistes et d’expérimentations formelles, la littérature se serait ainsi discréditée, perdant son prestige auprès du public et de la société. Cette thèse résumée sous l’emblème de l’« adieu à la littérature » autorise une interprétation à rebours de la modernité et des modernités. L’effet relatif et provisoire de consensus qui l’entoure marque cependant une difficulté réelle à lire les créations du présent ; il traduit une conception historiographique qui se fonde sur une esthétique de l’événement (la fin, le désastre, la déchéance), avec ses conséquences éthiques et politiques pour une pensée de la valeur.

Mots clés : contexte, esthétique, histoire, historiographie, humanités, contemporain
(mis en ligne le 28/01/2012)
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“ « Cet autre topos : l’esthétique de la littérature » ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

Un des efforts remarquables de la recherche en littérature est l’orientation esthétique. Étant l’une des branches de l’art en général, la littérature exigerait une connaissance spécifique réglée sur le primat du sensible. Le couple esthétique/littérature se serait ainsi substitué à l’alliance entre sémiotique et littérature. Loin du paradigme structural, ses modèles abstraits et excessivement formalisés, il viserait à restaurer dans l’œuvre la dimension de l’expérience. Mais en posant de la sorte l’affect comme un universel anthropologique, il soustrait aussitôt la question du beau à son historicité critique.

Mots clés : anthropologie, art, beau, comparatisme, esthétique, psychologie
(mis en ligne le 28/01/2012)
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“ L'alibi de la manière ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

Ce texte est le compte rendu du livre d'A. Herschberg-Pierrot : Le Style en mouvement.

Mots clés : manière, style
(mis en ligne le 27/05/2007)
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“ Philosophie, langue, valeur : poétique et rationalité ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

Benveniste a discrètement renouvelé les conditions d'analyse des rapports entre la philosophie, son mode de réalisation linguistique, et l'invention de la pensée comme valeur. Le point de départ en est l'étude issue du premier volume des Problèmes de linguistique générale, «Catégories de pensée et catégories de langue» (1958). Trop souvent considérée sous l'angle mécaniste ou causaliste, cette réflexion qui prend pour objet l'Organon aristotélicien ne vise pourtant qu'à jeter les fondements d'une poétique de la rationalité. Cette étude devrait être suivie d'un supplément au «Supplément de copule» de Jacques Derrida qui dans Marges (1972) convoquait et discutait les positions de Benveniste dans la perspective d'une «théorie du discours philosophique».

Mots clés : Benveniste, Aristote, philosophie, notion, concept, comparatisme
(mis en ligne le 23/12/2005)
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“ Hermès, ou le mythe de l'essence française ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

Du vis-à-vis entre la langue et la pensée, l'Eloge de la philosophie en langue française et le cycle d'Hermès chez Michel Serres constituent l'un des prototypes contemporains inséparables du mythe de la clarté et de l'idéologie de l'essence française. Cette esthétique qui puise l'essentiel de ses références au XVIIe siècle, et les ressources d'un nouvel idéal humaniste, y apparaît comme l'interprétant du linguistique. Elle y associe le modèle d'une philosophie nationale et, réglant dessus sa conception de la collectivité, dessine le cadre d'une contre-utopie à la modernité. A la fois mondaine et réactionnaire, elle résume toute l'anthropologie du style chez Michel Serres.

Mots clés : Serres, Leibniz, philosophie, clarté (française), esthétique, style
(mis en ligne le 23/12/2005)
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“ Le coup du philosophe essentiel ”

Michon, Pascal (24h Foucault - Palais de Tokyo)

Le 29 mai 1984, Michel Foucault déclarait au cours d’une interview : « Certainement. Heidegger a toujours été pour moi le philosophe essentiel. J’ai commencé par lire Hegel, puis Marx, et je me suis mis à lire Heidegger en 1951 ou 1952 ; et en 1953 ou 1952, je ne me souviens plus, j’ai lu Nietzsche. » Parue quelques jours seulement après sa mort, cette assertion fit rapidement le régal d’un nombre croissant de commentateurs prétendant montrer que Foucault s’était inscrit, sans le dire, dans l’orbite de la pensée heideggérienne. Ces références à « l’ultime interview », encore discontinues durant les années quatre-vingt, se sont transformées au cours de la décennie suivante en un flot montant, jusqu’à devenir aujourd’hui un ressac obsédant.

Le coup du « philosophe essentiel » restera dans les annales comme l’un des plus beaux exemples de trahison intellectuelle de masse – à côté des interprétations fausses, et qui ne sont pas sans liens, du « il faut être absolument moderne » de Rimbaud et du « quelque chose que l’on nous permettra d’appeler la modernité » baudelairien.

Mots clés : Foucault, Heidegger, modernité, politique, philosophie, sujet
(mis en ligne le 27/06/2005)
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“ Note sur le grand public ”

Meschonnic, Henri (Université Paris 8)

Peut-on écrire la théorie, penser la théorie pour le grand public?

Mots clés : public, théorie, langage, littérature, art, éthique
(mis en ligne le 04/01/2005)
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“ Pour une «rhétorique profonde» ”

Bernadet, Arnaud (Université McGill)

La poétique d’Henri Meschonnic n’est pas séparable en son fondement d’une critique de la rhétorique. Ce vis-à-vis ne s’arrête pas cependant au débat sur la figure ou sur l’argumentation. Il débouche sur une théorie de l’action dans le langage. Son enjeu se révèle plus largement d’ordre anthropologique. La relecture d’Aristote en est le symbole qui unit en une même pensée l’éthique, le politique, la rhétorique et la poétique.

Mots clés : rhétorique, figure, argumentation, action, politique, éthique
(mis en ligne le 30/12/2004)
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“ L'homme de la littérature ”

Dessons, Gérard (Université Paris 8)

L'art et la littérature ont ceci de particulier qu'ils mettent en question, par leur approche des oeuvres, la pensée des rapports entre l'individu et de la société, qui sont, en tant que catégories anthropologiques, des enjeux théoriques et des enjeux de pouvoir. Le présent texte évalue cette dimension critique à partir d'un livre de Nathalie Heinich, Ce que l'art fait à la sociologie.

Mots clés : anthropologie, littérature, art, valeur, manière, sociologie
(mis en ligne le 08/12/2004)
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“ La propriété «intellectuelle» n'existe pas ”

Savang, Jean-François (Université Paris 8)

Réflexion suscitée par la question des conditions juridiques régissant la reproduction des textes mis en ligne sur le site Polart.

Mots clés : auteur, droit, propriété intellectuelle
(mis en ligne le 08/12/2004)
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“ Poétique de l'art, poétique de la société ”

Dessons, Gérard (Université Paris 8)

L'art plutôt que la littérature, mais l'art comme problème, pensé comme un ensemble de discours ayant pour objet la pensée de la valeur.
Suivi de quelques notes sur le propos d'Artaud qui constitue l'épigraphe du site Polart: «L'art, c'est l'aujourd'hui encore aujourd'hui demain».

Mots clés : art, société, poétique, politique, Artaud, Benveniste
(mis en ligne le 07/12/2004)
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“ Why Shakespeare ? ”

Belsey, Catherine (dir.) (Université de Cardiff, R.U.)

Publication des interventions présentées lors de la table ronde «Why Shakespeare?» organisée par Catherine Belsey au Congrès 2004 de la European Society for the Study of English (débat tenu en anglais).
- Catherine Belsey (Université de Cardiff) : «Why Shakespeare? Introducing the Question»
- Andreas Höfele (Université Ludwig-Maximilians, Munich) : «Renewable Energy»
- Julia Thomas (Université de Cardiff) : «Victorian Shakespeares»
- Claire Joubert (Polart - Université Paris 8) : «English or the Language of Shakespeare»
NB : le débat reste ouvert. Au delà de la publication, la mise en ligne de ces textes a pour but de garder l'espace de discussion ouvert. Vous pouvez envoyer une contribution au débat (répondre à l'un des textes, ou prolonger la réflexion croisée, que ce soit en anglais ou en français) au Comité scientifique de Polart selon les modalités habituelles, détaillées dans la rubrique «Textes», «Proposer un texte».

Mots clés : littérature, culture, valeur, langues, Shakespeare
(mis en ligne le 27/11/2004)
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“ Badiou and the Ethics of Prose : Revaluing Beckett ”

Joubert, Claire (Université Paris 8)

Texte de la communication présentée au Colloque international Alain Badiou (Université de Cardiff, Royaume-Uni, mai 2002). Etude des solutions proposées par A. Badiou aux apories post-structuralistes sur l’éthique.

Mots clés : éthique, esthétique, poème, prose, concept, Beckett
(mis en ligne le 21/11/2004)
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